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À Avignon, une heure dans les coulisses du Chœur de l’Opéra avec Alan Woodbridge

Et si l’on découvrait la musique classique autrement, en assistant au travail des artistes avant leur montée sur scène ? Le samedi 24 octobre, le Chœur de l’Opéra Grand Avignon ouvrait les portes de ses ateliers de Courtine pour une répétition publique du Requiem de Gabriel Fauré. Une heure privilégiée, entre exigence musicale, pédagogie et émotion, sous la direction d’Alan Woodbridge.
Yves G.·
À Avignon, une heure dans les coulisses du Chœur de l’Opéra avec Alan Woodbridge

Crédit Photo : Thomas O'Brien

Une répétition ouverte à tous, au plus près des artistes

C’est dans les Ateliers de Courtine, à proximité de la gare TGV d’Avignon, que le public est invité à découvrir une facette souvent méconnue du travail des artistes lyriques. L’Opéra Grand Avignon propose régulièrement ces répétitions publiques, accessibles gratuitement sur simple réservation.

Ce jour-là, les spectateurs sont venus d’horizons variés. Quelques retraités côtoient des familles accompagnées d’enfants, tandis qu’un groupe de personnes en situation de handicap profite également de cette rencontre musicale. Une diversité qui rappelle que la musique classique peut s'adresser à tous, sans qu'il soit nécessaire d'en maîtriser les codes.

Peu à peu, les choristes prennent place, suivis de la pianiste, puis d’Alan Woodbridge, chef du Chœur de l’Opéra Grand Avignon. L'ambiance est studieuse, mais détendue. Loin du cérémonial des grandes représentations, le public s’apprête à découvrir la musique dans ce qu’elle a de plus vivant : sa préparation.

Alan Woodbridge, un chef exigeant et plein d’humour

Dès ses premiers mots, Alan Woodbridge donne le ton. Enthousiaste, chaleureux et volontiers facétieux, le chef britannique sait créer une proximité avec son public. Son humour et son flegme « so British » contrastent agréablement avec la rigueur du travail qui va suivre.

Face à lui, une vingtaine de choristes, femmes et hommes, se préparent à travailler le Requiem de Gabriel Fauré dans sa version de 1893.

Cette œuvre figurait au programme du concert du 30 octobre à l’Opéra Grand Avignon, aux côtés du Requiem de John Rutter. Le compositeur britannique, auteur de sa propre œuvre en 1985, a également réalisé une édition de la partition de Fauré, permettant de retrouver l’esprit de sa version pour ensemble instrumental réduit.

Mais avant de retrouver l'orchestre sur scène, chaque détail vocal doit être travaillé.

Alan Woodbridge reprend les passages les uns après les autres. Tantôt il s'adresse aux sopranos, tantôt aux voix masculines. Il précise l’intensité attendue, la durée d’une note, l'équilibre entre les voix ou encore la manière de faire respirer une phrase musicale.

Les pages des partitions se tournent. Les crayons s’activent. Certains choristes soulignent une indication, d’autres effacent une annotation devenue inutile. Chaque correction contribue à affiner l’interprétation collective.

Le chef ne se contente pas de demander une exécution parfaite. Il explique ses intentions, accompagne les chanteurs dans leur interprétation et cherche à faire émerger toute la sensibilité de l’œuvre.

Car le Requiem de Fauré ne repose pas uniquement sur la puissance des voix. Il se distingue surtout par sa douceur, son recueillement et cette impression d’élévation qui traverse la partition. Une musique qui évoque davantage l’apaisement que la crainte de la mort.

Quand le travail laisse place à l’émotion

Au fil de la répétition, le public découvre à quel point une interprétation musicale repose sur une multitude de détails presque imperceptibles pour une oreille non avertie.

Une note prolongée, une nuance plus délicate, une entrée légèrement modifiée : autant d’ajustements qui transforment progressivement l'ensemble.

Puis vient le moment où le chœur interprète un passage complet, sans interruption.

Cette fois, les explications laissent place à la musique. Les voix s'unissent, prennent de l'ampleur et remplissent l'espace. Après avoir assisté à la construction minutieuse de cette harmonie, l'émotion n'en est que plus forte.

C'est sans doute là tout l'intérêt de ces répétitions publiques : comprendre le travail qui précède la représentation permet d'apprécier autrement le résultat.

Lorsque arrive la pause, choristes et spectateurs quittent ensemble la salle. Le public repart encore marqué par la beauté de ce qu'il vient d'entendre, mais aussi par la proximité de cette rencontre avec les artistes.

Alan Woodbridge prend congé avec un chaleureux « See you soon », comme une invitation à poursuivre cette découverte en assistant à une représentation.

Une belle occasion de découvrir l’Opéra autrement

Au-delà du plaisir musical, cette expérience rappelle que l'Opéra Grand Avignon ne se résume pas aux spectacles présentés sur sa grande scène de la place de l'Horloge.

Les répétitions publiques permettent de rencontrer les artistes dans leur environnement de travail, de mieux comprendre les exigences du chant lyrique et de découvrir un répertoire parfois considéré, à tort, comme réservé aux initiés.

Une heure suffit pour porter un autre regard sur le travail d'un chœur professionnel. Et peut-être donner envie à ceux qui n'ont jamais franchi les portes d'un opéra de tenter l'expérience.

Les prochaines répétitions publiques du Chœur de l’Opéra Grand Avignon sont notamment programmées les samedis 28 novembre 2026, 6 février et 17 avril 2027, aux Ateliers de Courtine. L'accès est gratuit sur réservation, en ligne sur le site de l'Opéra Grand Avignon ou par téléphone au 04 90 14 26 40.

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Article de : Yves G.

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