11e Semaine Provençale d'Avignon : transmettre un héritage vivant
Sortir de l'oubli les figures populaires du patrimoine
L'événement s'appuie sur un tissu associatif structuré : la fédération de l'Oustau de la Culturo Prouvençalo rassemble sept associations dédiées à la défense et à la promotion de la langue et des traditions d'oc. Du Palais du Roure, qui accueille des expositions sur l'indiennage et l'évolution du costume féminin, à Montfavet qui met en lumière le "bestiaire fantastique" de la région (Tarasque, Drac), l'objectif est d'offrir une vitrine vivante à cet héritage.
Lors de la présentation de l'événement, les organisateurs ont insisté sur cette volonté de « remettre en mémoire des personnes qui étaient très populaires à leur temps ». Le public redécouvrira ainsi les traditionnels Noëls du poète avignonnais Denis Cassan ou les chansons du Nîmois Antoine Bigot. La musique classique fera également l'objet d'hommages, notamment envers le musicologue Castil-Blaze et le compositeur vauclusien Félicien David, tous deux « tombés dans l'oubli » selon les organisateurs, qui regrettent publiquement que pour le 150e anniversaire de la mort de ce dernier, « personne n'en a parlé, nulle part ».
2027 : Le défi de l'école et de la jeunesse
Au-delà de cette semaine festive, l'enjeu territorial majeur reste la relève. La municipalité travaille d'ores et déjà avec le Félibrige sur un projet pédagogique d'envergure pour 2027. L'objectif annoncé est d'introduire des « chorales provençales » à destination des écoliers et de « créer des spectacles de fin d'année dédiés à la culture provençale » directement dans les établissements primaires de la ville.
Une conférence heurtée par le débat politique
Cette 11e édition n'échappe cependant pas aux controverses. Une conférence prévue le 2 octobre à la bibliothèque Ceccano, intitulée « Ils ont aussi écrit en provençal », s'est attirée les foudres de l'opposition. Sur les réseaux sociaux, La France Insoumise d'Avignon a vivement dénoncé la lecture au programme d'un texte de jeunesse de Charles Maurras, y voyant une volonté de « réhabiliter un antisémite et une figure de l'extrême droite française ». Refusant de séparer le poète littéraire du « théoricien du nationalisme intégral », le mouvement politique accuse la municipalité de « bâillonner l'histoire ».
Pour éteindre l'incendie, les organisateurs ont anticipé la question lors de leur conférence de presse, plaidant la stricte contextualisation historique. Ils ont assuré que l'inclusion de l'auteur n'avait pas pour but de « le mettre en évidence, ni de le porter aux nues ». L'ambition, justifient-ils, est uniquement d'expliquer d'un point de vue historique la crise et la « panique » que ce dernier a semées au sein du mouvement félibréen parisien en 1892.
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