Miroirs n°3 de Christian Petzold : notre avis
Tout au long du film la tension est palpable. Les personnages, souvent pris en gros plans, n’ont pas nécessité à s’exprimer autrement que par leurs émotions. Les silences font que plane le mystère...
Pourquoi Laura, cette jeune femme, paraît-elle ailleurs, submergée d’un mal-être inexplicable ?
Pourquoi renonce-t-elle à ce week-end en compagnie de son copain ?
Pourquoi, en passant en voiture devant cette maison aux palissades blanches, son regard croise-t-il intensément celui de cette femme inconnue ?
Pourquoi, suite à son accident de voiture, où son copain perd la vie, Laura refuse-t-elle d’être emmenée à l’hôpital ?
Pourquoi veut-elle demeurer chez cette femme, qui a prévenu les secours, mais qui lui est totalement étrangère ?
Autant de questionnements qui nous envahissent !...Et auxquels on ne parviendra à répondre sans y voir une intervention divine, ou tout du moins d’ordre spirituel.
Chez cette femme inconnue, au comportement maternant, les objets ont cessé de vivre...le lave-vaisselle est hors service, et finira même par exploser, le robinet de l’évier fuit, le piano est fermé, la selle du vélo est cassée.
Avec l’arrivée de Laura dans cette maison, qui a quelque chose du château de La Belle au bois dormant, les objets reprennent vie peu à peu, grâce à l’intervention de deux hommes, revenus sur ce lieu qu’ils ne fréquentaient plus. Il s’agit du fils de Betty, l’habitante de la maison, et de son mari.
Quelque chose les avait séparés.
Les liens vont se reconstruire au fil de ce long-métrage, divinement orchestré par son réalisateur Christian Petzold. Rien ne peut nous échapper ! La subtilité des sentiments, leur imbrication complexe, les transferts affectifs, les accès de colère, et les apaisements.
La vie a un sens, qui parfois nous échappe, souvent pour notre bien...Ce film est celui de la réparation.
Vu à l’Utopia-Manufacture le 22 septembre 2025
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