Comment réenchanter l’attente de Noël ? En se laissant bercer par la voix d’une conteuse pas comme les autres. À la bibliothèque Ceccano, nous avons suivi la Compagnie des Enfants Sauvages pour une redécouverte émouvante des textes d’Andersen dans le cadre de l’exposition "Aux sources de l’imaginaire". Plus qu’un simple spectacle, c’est une véritable parenthèse de douceur que nous avons vécue. Découvrez notre critique de ce voyage immobile où chaque allumette craquée libère un souvenir, prouvant que l’imaginaire reste le plus beau des refuges.
Co-fondatrice, rédactrice et photographe
Mon œil de photographe capture ce que ma plume de journaliste raconte. Passionnée d'art et de culture, je traduis ma curiosité en récits, visuels ou écrits.
Dans l’écrin de l’exposition « Aux sources de l’imaginaire », Avignon Bibliothèque tisse des instants suspendus pour petits et grands. Par un froid après-midi d’hiver, notre rédaction s’est glissée parmi une assemblée d’enfants impatients à la bibliothèque Ceccano. Là, une conteuse sous les traits de la célèbre petite marchande d’allumettes s’est donnée une mission : embraser nos cœurs avant que le crépuscule n’enveloppe la Cité des Papes. Voyageuse infatigable, elle transporte avec elle son humble étal et un décor minimaliste, véritable écrin où dorment les histoires.
Et quelles histoires ! Celles d’Andersen, naturellement, mais revisitées par le prisme de la magie de Noël, cet instant de grâce où rêves et souhaits ne font plus qu’un. Les yeux écarquillés, fascinés, les enfants boivent les paroles de la narratrice. La lumière tamisée et l’atmosphère feutrée n’invitent pourtant pas au sommeil, bien au contraire. L’auditoire est en éveil, prêt à bondir pour secourir un chat coincé en haut de l’étal, guidé par la malice de la conteuse.
Trois récits, choisis avec soin, sont offerts avec talent : la destinée du vieux Chêne, les périples de Rudy et la mélancolie du sapin qui rêvait d’ailleurs. Le rituel est immuable : une allumette craque, une flamme danse dans la lanterne, et la narration prend vie. Une cohérence subtile relie chaque élément, car chaque allumette consumée est un souvenir du vieux chêne, liant le bois, le feu et la parole dans une boucle parfaite.
Portée par le pouvoir de l’imagination et quelques effets sonores, la Compagnie des Enfants Sauvages déploie un univers captivant. En cette veille de fêtes, il suffit parfois d’une étincelle
- celle d’un conte - pour raviver les braises de l’émerveillement. Dehors, la nuit est tombée sans que nous l’ayons vue venir. Nous repartons le cœur léger, avec la certitude de revenir bientôt savourer, avec délice, la magie des mots
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