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Il était une fleur de Avishaï Léger-Tanger & Mahina Khanum : notre avis

11 Mars 2026 à 16h10

Mathilde Pallon - Co-fondatrice, rédactrice et photographe

​Mon œil de photographe capture ce que ma plume de journaliste raconte. Passionnée d'art et de culture, je traduis ma curiosité en récits, visuels ou écrits. Mon objectif : offrir un regard neuf sur mes sujets et partager le plaisir de la découverte d'une manière qui vous captive.

Mahina Khanum incarne une jeune française partie en Inde dans le but de s’initier à la danse indienne. Guidée par son maître autoritaire, elle répète inlassablement les gestes d’un art légendaire. Lassé par sa maladresse, son maître la laisse seule dans l’exécution de gestes représentant une fleur. Difficile pour elle de mimer cette fleur qu’elle n’a jamais vu ni senti. Suivant son instinct, elle se lance donc en quête de cette fleur sacrée à travers la ville et la forêt où elle rencontrera divers animaux qui la mèneront sur sa trace.

Il était une fleur Ce conte poétique de 45 minutes, accessible aux enfants dès 3 ans, embarque le public pour un voyage initiatique entre légendes ancestrales et ère moderne. Mahina Khanum danse avec passion et volupté devant une toile où sont projetées les images des animaux qu’elle rencontre et les décors qu’elle visite. Chaque geste est lisible et compréhensible par tous quel que soit l’âge : Mahina incarne jusqu’au bout des ongles, avec grâce et élégance, l’art de la danse indienne. Aucun mouvement ou expression du visage n’est dû au hasard, tout est réfléchi, pensé et voulu. Quand, par exemple, elle mime en dansant le personnage du paon, on comprend de quel animal il s ‘agit. Et cela peut faire penser à la langue des signes où certains gestes sont universels, cette danse est comme un langage où chaque détail à son importance.

La question qui se pose à la fin de ce conte est : la jeune femme a-t-elle véritablement voyagé ou était-ce simplement un rêve ? Car il faut préciser que la quête se termine sur une leçon de sagesse cachée à la manière des fables qui, elles, se finissent par une leçon de morale mais ici éducative avec la destruction de la forêt par l’homme. La danse indienne a cette magie de pouvoir rendre éternel des éléments qui sont en train de disparaître (comme la fleur sacrée du conte) ou ont déjà disparu mais qui se transmettent de génération en génération grâce à l’enseignement de cette danse. Pratiquer la danse indienne c’est redonner vie aux légendes et aux héros de la mythologie hindoue, le temps d’une représentation, d’une danse, d’un moment suspendu.

Pour une partie du public, la journée avait commencé par un atelier de danse parents-enfants où Mahina initiait déjà à quelques gestes de la danse indienne. Elle a donc tout naturellement choisi de terminer son tableau en invitant les tous petits à la rejoindre sur scène pour danser autour d’elle en imitant le paon, le cobra, la fleur sacrée, et d’autres animaux ne faisant pas partie du récit. Cela permet une nouvelle fois de saluer le travail du théâtre Golovine qui met un point d’honneur à proposer des spectacles qui s’adressent à tous, du moment que l’on y danse !
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