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À Avignon, l’installation d’Olivier Galzi bousculée par les critiques de la gauche et des écologistes

28 Mars 2026 à 15h52

Jérôme Chaudier - Rédacteur en chef et président

Jérôme Chaudier explore les coulisses culturelles et locales du Grand Avignon. Journaliste et développeur, il mêle passion du théâtre, regard critique et innovation numérique. Engagé auprès des artistes et du territoire, il défend une information libre, exigeante et proche des habitants comme des visiteurs.

Le samedi 28 mars 2026, l’Hôtel de Ville d’Avignon a été le théâtre de l’installation officielle du nouveau conseil municipal. Olivier Galzi, élu maire avec 36 suffrages, succède à Cécile Helle dans un climat de transition républicaine, mais non sans tensions. Entre la constitution d’une équipe de vingt adjoints et les premières joutes verbales avec une opposition aux aguets, le nouvel édile a affiché sa détermination à engager un « redressement » rapide. Entre solennité et « théâtre politique », ce premier conseil dessine les contours d'une mandature de rupture.

À Avignon, l’installation d’Olivier Galzi bousculée par les critiques de la gauche et des écologistes

Sous la présidence du doyen d’âge Claude Leroy, la séance d’installation a acté le basculement politique de la cité des papes. Avec une large majorité de 36 voix (contre 5 pour Anne-Sophie Rigault et 12 bulletins blancs ou nuls), Olivier Galzi a officiellement revêtu l'écharpe tricolore. Une écharpe dont il a immédiatement souligné la symbolique : « Elle ne pèse pas le poids du tissu dont elle est faite, mais celui des attentes des Avignonnaises et des Avignonnais », a-t-il déclaré, qualifiant la tâche qui l'attend d'« immense ».

Une opposition qui revendique sa légitimité

Dès l'ouverture des débats, David Fournier (liste « Ensemble et Solidaires ») a tenu à marquer son territoire. Félicitant le maire au nom de « l’engagement républicain », il a immédiatement nuancé la victoire de la majorité en rappelant le score serré du second tour. « Votre majorité est définie par 760 voix d’écart. Ce peu de chose doit nous conduire, vous et moi Monsieur le Maire, à beaucoup d’humilité », a-t-il martelé.

Le leader de l'opposition a également dénoncé une campagne « inélégante et quelquefois diffamatoire », évoquant des accusations d'antisémitisme à son encontre et des dégradations commises à son domicile personnel. David Fournier a par ailleurs fustigé le manque de neutralité du préfet durant la campagne, tout en prévenant que son groupe serait un observateur inflexible : « Nous serons vigilants sur la défense de nos valeurs, du personnel municipal, des services publics, de la justice sociale et de l’écologie. »

Un exécutif élargi pour une gestion de « proximité »

La séance a permis de valider la création de vingt postes d’adjoints, dont cinq dévolus aux quartiers, afin de renforcer le maillage territorial de la ville. La liste « Le bon sens pour Avignon », menée par Corinne Chatriot (première adjointe), intègre des visages tels que Jean-Luc Queyla, Emmanuelle Roux-Panis, Eric Peytié, Florian Borba Da Costa, Simone vidal, Michèle Nesme, Laurent Rochut ou encore Michel Adam.

Cette nouvelle équipe, issue en grande partie de la société civile, a été au cœur d'un premier débat budgétaire sur les indemnités. Si le maire a baissé son propre traitement de 14 %, la hausse de 35 % accordée à ses adjoints a suscité l'ire de l'opposition. Olivier Galzi a justifié cette mesure par le « taux d’exigence énorme » imposé à son équipe, dont beaucoup doivent réduire leur activité professionnelle pour se consacrer à la ville.

Sécurité et propreté : les piliers du « redressement »

Le programme de la nouvelle majorité s'articule autour de priorités régaliennes et pragmatiques. Olivier Galzi a réaffirmé sa volonté de renforcer les effectifs de la police municipale et de déployer davantage de vidéosurveillance. La propreté et la fluidification de la circulation (avec la remise en cause annoncée du « Plan Faubourgs ») constituent les autres piliers de son action immédiate.

« Les Avignonnais n'ont pas voté pour un rêve, mais pour une promesse d'efficacité », a martelé le maire, fustigeant au passage une ville qu'il estime « abîmée » par douze ans de gouvernance de gauche.

Interrogé à l'issue de la séance sur la virulence de certains échanges, Olivier Galzi a balayé l'idée d'un affrontement brutal. « Je n'ai pas eu le sentiment d'être sur un ring de boxe. J'ai pratiqué les sports de combat, je peux vous dire que ça tape beaucoup plus fort », a-t-il glissé avec une pointe d'ironie, avant de qualifier les interventions de l'opposition de « tirades de théâtre ».

Le ton est donné. Après les symboles et les discours, l'action municipale doit désormais s'incarner dans les dossiers épineux qui attendent la nouvelle équipe dès lundi matin. Si Olivier Galzi appelle à une opposition « constructive », les premiers débats sur les finances et le personnel municipal laissent présager une mandature où chaque arbitrage sera scruté. Le « grand sursaut » promis par la majorité devra désormais passer l'épreuve du quotidien.

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Article de : Jérôme Chaudier
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