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16 Mars 2026 à 10h24
Jérôme Chaudier - Rédacteur en chef et président
Jérôme Chaudier explore les coulisses culturelles et locales du Grand Avignon. Journaliste et développeur, il mêle passion du théâtre, regard critique et innovation numérique. Engagé auprès des artistes et du territoire, il défend une information libre, exigeante et proche des habitants comme des visiteurs.
Les résultats définitifs du premier tour des élections municipales d'Avignon, consolidés tard dans la soirée, dessinent un paysage politique fragmenté marqué par la qualification de quatre listes. Si Olivier Galzi (Divers droite) arrive en tête d'une courte avance devant Anne-Sophie Rigault (Rassemblement national), les scores serrés des deux candidats de gauche, David Fournier et Mathilde Louvain, posent la question cruciale des alliances. Avec un taux de participation de seulement 47,66 %, la mobilisation des électeurs s'annonce comme l'enjeu majeur des prochains jours.
Au terme d'une longue soirée électorale, les équilibres politiques de notre cité des Papes sont désormais clarifiés. Les chiffres finaux confirment que quatre candidats ont franchi le seuil nécessaire pour se maintenir au second tour de ces élections municipales. Cette configuration laisse présager une semaine de tractations intenses, où chaque réserve de voix sera déterminante.
La liste « Le bon sens pour Avignon », conduite par Olivier Galzi (Divers droite), s'empare de la première place avec 27,04 % des suffrages exprimés, rassemblant 7 383 voix. Il est toutefois talonné de très près par la candidate du Rassemblement national, Anne-Sophie Rigault. Avec sa liste « Avignon en avant ! », cette dernière réunit 25,52 % des suffrages (6 969 voix), confirmant un ancrage solide du parti d'extrême droite dans notre commune. L'écart entre les deux têtes de liste, qui s'élève à seulement 414 voix, annonce un face-à-face particulièrement compétitif.
Pour le second tour, la dynamique d'Olivier Galzi dépendra en partie des reports de voix issus de l'autre liste de droite, menée par Stephan Fiori (« Entreprendre pour Avignon »). Éliminé avec 7,39 % des suffrages (2 017 voix), ce dernier ne donnera, selon nos informations, aucune consigne de vote. Ce positionnement laisse son électorat libre de son choix et maintient une part d'incertitude quant à la consolidation de l'avance du candidat arrivé en tête.
Du côté de la gauche, la division observée au premier tour livre un verdict mathématique particulièrement serré. David Fournier (Parti socialiste) devance d'une courte tête Mathilde Louvain (La France insoumise) avec 19,89 % (5 431 voix) contre 19,03 % (5 197 voix). Cumulées, ces deux listes pèsent près de 39 % des suffrages, rendant une alliance indispensable pour éviter une quadrangulaire risquée face à la droite et au Rassemblement national.
Dans le cadre des inévitables tractations, la liste du Parti des travailleurs menée par Stéphane Geslin, malgré un score modeste de 1,14 % (310 voix), s'avère stratégique. Sa proximité idéologique avec La France insoumise laisse présager un report logique de ces suffrages vers Mathilde Louvain. Arithmétiquement, cet apport potentiel permettrait à la candidate de surpasser le représentant socialiste (5 507 voix potentielles contre 5 431), lui conférant un argument de poids pour revendiquer la tête d'une éventuelle liste d'union.
Toutefois, cette projection théorique risque de se heurter à la stricte réalité des négociations politiques : il est fort probable que le candidat socialiste s'appuie sur l'ordre d'arrivée validé par les urnes, sans tenir compte des projections de reports, pour maintenir son propre leadership. L'issue de ces discussions d'entre-deux-tours demeure ainsi totalement indécise.
Au-delà des équilibres partisans, l'enseignement majeur de ce premier tour, confirmé par les ultimes décomptes de la soirée, réside dans le niveau de la participation. Avec 47,66 % de votants, soit 27 762 électeurs sur l'ensemble des inscrits, l'abstention s'élève à plus de 52 %.
Ce vivier d'électeurs n'ayant pas pris part au vote constitue la plus grande inconnue de l'entre-deux-tours. La capacité des candidats à mobiliser ces abstentionnistes dans les prochains jours sera l'élément décisif qui déterminera l'issue de ce scrutin et, in fine, l'identité de la future majorité municipale d'Avignon.
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