Une vie sur mesure : notre avis
Par : Yves G.
Adrien Lepage est un passionné de percussions et la batterie est son graal. Il nous raconte son enfance et sa découverte du rythme en frappant ses cuisses avec ses mains, l’école où il se sent différent des autres élèves, avec naïveté mais lucidité, son premier amour et son premier groupe de musique, en gardant une candeur simple et délicieuse. Son propos est juste, et ses réflexions décalées nous feront rire à de nombreux moments, mais aussi réaliser que d’autres points de vue peuvent faire évoluer notre vision du monde et des personnes qui nous entourent. On pense bien sûr à Rain Man et Dustin Hoffman, ou à Forrest Gump et Tom Hanks, en découvrant ce personnage interprété avec brio. Et que dire des moments musicaux, où l’artiste prend ses baguettes pour nous entraîner dans la musique avec entrain : jazz, blues, techno ou hard rock s’enchaînent pour notre plus grand plaisir.
Cette pièce théâtro-musicale est plébiscitée pour son originalité, son humour, sa poésie et son humanisme. Le virtuose et son instrument transforment ce spectacle atypique en véritable coup de cœur. C’est une expérience sensorielle et émotionnelle mémorable.
Avignon et Moi est un média local indépendant, gratuit et sans publicité intrusive. Pour continuer à exister, nous avons besoin de votre soutien.
Ce dénouement glaçant est une trahison. Sous couvert d humanisme, cette pirouette narrative renforce un préjugé affligeant et dangereux : l association systématique entre troubles neurodéveloppementaux et ultraviolence inconsciente. C est factuellement faux. Les institutions médicales rappellent que les personnes souffrant de troubles psychiques sont infiniment plus souvent victimes de violences qu elles n en sont les auteurs.
Pour saisir la violence de ce raccourci, transposons-le : imaginez une pièce sur le dévouement d un instituteur homosexuel, qui s achèverait par l agression d un élève, validant le pire poncif des années 50 liant homosexualité et pédocriminalité. La société crierait au scandale, à juste titre. Pourtant, la stigmatisation de l autisme bénéficie encore d une coupable indulgence au nom de la liberté artistique.
Banaliser le mythe du "fou dangereux" maintient la peur, isole les patients et freine l accès aux soins. Aujourd hui, je me lève, indigné par ce préjugé abject, avec le courage de le combattre pour inspirer ceux qui se sentent humiliés comme moi.
Sources factuelles sur la dangerosité de ces stéréotypes :
- ARS PACA : https://www.paca.ars.sante.fr/lutter-contre-la-stigmatisation-et-les-violences-envers-les-personnes-vivant-avec-un-probleme-de
- Fondation FondaMental : https://www.fondation-fondamental.org/les-maladies-mentales/idees-recues/le-saviez-vous/les-personnes-souffrant-de-maladies-mentales-sont