Le Souffleur : notre avis
Il émerge d’une malle, tel un fantôme du théâtre, poussiéreux mais vivant. Le Souffleur commence là où la plupart des vies scéniques s’achèvent : dans l’ombre. Mais pour une fois, c’est cette ombre qui devient lumière. Avec un humour discret et une sincérité désarmante, ce seul en scène rend justice à une figure oubliée, à ce « souffleur » dont la voix, d’ordinaire inaudible, prend ici toute la place.
Paolo Crocco, formidable de présence, occupe l’espace. D’un geste à l’autre, d’un souvenir à un éclat de rire, il déroule le fil d’une vie modeste mais passionnée : celle d’un homme venu à Paris avec des rêves plein les poches, qui trouva dans les coulisses une famille de fortune et un métier de l’ombre. Le spectacle navigue avec aisance entre récit autobiographique fictif, art du clown, et théâtre de la mémoire.
On rit souvent, parfois avec tendresse, parfois d’un rire un peu mélancolique. Car Le Souffleur, sous ses allures légères, est un travail d’orfèvre sur la mémoire, le silence, et la trace que laisse une vie discrète. La mise en scène, minimaliste et élégante, soutient cette narration intimiste sans jamais la trahir.
C’est une petite pépite, précieuse, humble et profondément humaine. Un hommage bouleversant et émouvant à ceux que le théâtre oublie trop souvent : les artisans de l’ombre, les gardiens des mots.
Horaire : 14h55
Lieu : BRUNES (THÉÂTRE DES)
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