Le dernier jour de Pierre : notre avis
Par : Fabien Dworczak (Correspondant)
Un homme marche, seul. Il n’a ni sac ni destination apparente. Sa silhouette, muette, semble portée par l’invisible. Ainsi commence Le dernier jour de Pierre, œuvre singulière de la compagnie Deraïdenz, qui signe ici une pièce sans texte, mais non sans voix. Car si les mots se taisent, tout le reste parle : les gestes, les silences, les sons, les marionnettes.
Dans une scénographie d’une grande finesse, une vingtaine de figures surgissent, apparaissent, disparaissent, tentent d’entrer en contact avec cet homme énigmatique. Est-il en fuite ? En quête ? Ou simplement en train de vivre ses dernières heures ? Le spectacle ne donne pas de réponse, mais en pose mille. À chaque tableau, une émotion affleure : solitude, vertige, peur, et parfois une douceur inattendue.
La réussite tient aussi à une orchestration technique irréprochable. Créations musicales et sonores, jeux d’ombres et de lumière, matières et textures des marionnettes… chaque élément participe à ce voyage sensoriel. Le spectateur est happé, parfois troublé, souvent bouleversé. Deraïdenz ne cherche pas à convaincre par un discours, mais à remuer par l’expérience.
Il y a chez Pierre quelque chose d’universel : la vulnérabilité d’un être face à l’incompréhensible. En le suivant, nous acceptons de nous confronter à nos angoisses les plus sourdes, à notre besoin de consolation, à la noirceur qui nous habite. Le dernier jour de Pierre n’est pas une pièce que l’on regarde, c’est une pièce que l’on traverse. Et dont on ne ressort pas tout à fait intact.
Horaire : 10h20
Lieu : TRAIN BLEU (THÉÂTRE DU)
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