Conseil municipal d'Avignon : Ce qu'il faut retenir de la séance du 5 juin 2026
Réuni en séance extraordinaire ce vendredi 5 juin 2026, le conseil municipal d’Avignon a procédé à l’élection réglementaire des grands électeurs pour les sénatoriales de septembre. Au-delà de ce scrutin national obligatoire, la séance a été marquée par la mise en conformité des frais de représentation et du véhicule de service du maire, suivant les recommandations de la Chambre régionale des comptes (CRC). Malgré les vives critiques de l'opposition quant aux priorités budgétaires et aux nouveaux recrutements au sein des services administratifs, la majorité municipale a fait adopter l’intégralité des délibérations à l'ordre du jour.
Le scrutin des sénatoriales fixé à la proportionnelle
L’objet principal de cette convocation exceptionnelle reposait sur la désignation des délégués titulaires et suppléants pour les élections sénatoriales du 27 septembre 2026. Pour la commune d’Avignon, le scrutin, réalisé à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne, devait désigner 53 délégués de droit, 77 délégués supplémentaires et 28 suppléants.
La liste majoritaire, « Le bon sens pour Avignon », a recueilli 38 voix, obtenant ainsi 57 délégués supplémentaires et 21 suppléants. Les listes d'opposition « Ensemble et solidaire » (6 voix), « Avignon en avant » (5 voix) et « La nouvelle Avignon populaire » (4 voix) se partagent le reste des sièges de délégués.
Encadrement des frais du maire selon les critères de la CRC
Le conseil a ensuite examiné la fixation des frais de représentation du maire, désormais plafonnés à 7 000 euros par an et remboursés sur justificatifs réels. Cette délibération technique découle directement des observations de la Chambre régionale des comptes en cours de finalisation. Selon l'exécutif, elle régularise l'usage antérieur d’une carte d’achat par la précédente mandature, pratique jugée non conforme par les magistrats financiers.
L'opposition a fermement contesté cette mesure. L'élu Mouloud Rezouali a dénoncé le cumul potentiel avec les frais de l'agglomération du Grand Avignon (plafonnés à 8 000 euros), déplorant ces montants alors que « des coupes sombres sont réalisées dans les subventions d'associations ». Anne-Sophie Rigault a quant à elle qualifié l'enveloppe d' « indemnité déguisée » dans un territoire marqué par la précarité. Le maire a réfuté ces accusations, rappelant la distinction stricte des mandats et le caractère optionnel et plafonné de ces dépenses de représentation. Dans la même logique de régularisation, l'attribution d'un véhicule de service issu du parc existant, avec la possible mutualisation des services de chauffeur, a été entérinée.
Réorganisation administrative et renforcement de la sécurité localisée
Le volet des ressources humaines a également suscité des débats avec la création de plusieurs postes, dont un directeur de pôle communication et un directeur général adjoint (DGA) des services en charge de la voirie et de l'aménagement urbain. Dix nouveaux agents viendront par ailleurs compléter les effectifs de la police municipale pour atteindre un total de 118 policiers.
Face aux inquiétudes de l'opposition sur l'évolution de la masse salariale, estimée à 198 000 euros pour le reste de l'année 2026, l'adjointe Nezha Alami-Moummed a précisé que « ce sont des recrutements qui seront échelonnés dans le temps », justifiant le caractère proratisé de l'enveloppe.
Le grand projet de réseau de chaleur sous surveillance
Interrogée par Philippe Grimaud sur la viabilité économique de la délégation de service public attribuée à Dalkia en 2025 pour un réseau de chaleur et de fraîcheur de 121 millions d'euros, la municipalité s'est voulue rassurante.
L'adjoint Christian Paly a rappelé que cet investissement d’envergure, qui desservira à terme l'équivalent de 17 000 logements, ne pèse pas sur la dette de la commune car il est intégralement porté par le délégataire. Une société dédiée a par ailleurs été créée pour contrôler la transparence des comptes et assurer le suivi des redevances dues à la Ville.
Un nouvel emprunt de huit millions d'euros contesté
En fin de séance, l'examen des décisions municipales a cristallisé les tensions autour de la souscription d'un emprunt de huit millions d'euros auprès de la Société Générale. Ce crédit, étalé sur vingt ans, présente la particularité d'être à taux variable. Une caractéristique vivement attaquée par l'élu d'opposition Oukacha Rtili : « Vous engagez le contribuable avignonnais sur pratiquement trois mandats [...], c'est un emprunt toxique ».
La majorité a immédiatement réfuté cette accusation, précisant avoir mis en concurrence huit établissements bancaires. L'option retenue a été défendue comme étant « la moins onéreuse pour la collectivité », l'exécutif précisant que le contrat inclut une clause permettant de basculer vers un taux fixe à tout moment et « sans frais supplémentaires ». Ces passes d'armes préfigurent des débats qui s'annoncent tout aussi tendus lors du prochain conseil, prévu le 30 juin, qui sera consacré au compte administratif.
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