À Avignon, Olivier Galzi veut "remettre la machine en marche" après trente jours de mandat
Trente jours après son installation à la mairie d’Avignon, Olivier Galzi a livré un premier état des lieux particulièrement dense de son début de mandat. Sécurité, propreté, finances municipales, circulation, culture, LEO, attractivité économique : le nouveau maire affirme vouloir agir vite, tout en décrivant une collectivité qu’il juge profondément désorganisée. À ses côtés, Michel Adam, adjoint à la propreté et au cadre de vie, a détaillé les premières mesures engagées sur le terrain. Contacté afin d'apporter un éclairage contradictoire sur cet état des lieux de début de mandat, David Fournier n'avait pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article.
Le rendez-vous avait des allures de premier bilan politique. Non pas encore celui des grands arbitrages budgétaires, attendus après l'audit financier annoncé pour la mi-juin, mais celui d'une prise de contact avec les services, les dossiers et les urgences. Olivier Galzi assume une méthode : ouvrir tous les chantiers dès le départ, même si les résultats ne pourront pas être immédiats. « Si je ne lance pas tous les fronts aujourd'hui, avec les temps nécessaires derrière, ce sera autant de report pour les résultats », explique-t-il.
Cette première séquence municipale est d'abord marquée par une volonté de rupture avec ce que le maire décrit comme une forme d'inertie administrative et politique. À plusieurs reprises, Olivier Galzi insiste sur la nécessité de redonner un cap aux agents municipaux, qu'il dit avoir rencontrés dans les services de la propreté, de la police municipale ou encore dans les bureaux de l'hôtel de ville. Derrière le discours politique, une idée revient : la ville ne manquerait pas seulement de moyens, mais aussi d'organisation, de suivi et de reconnaissance interne.
Une mairie à remobiliser
Le premier constat dressé par Olivier Galzi concerne le fonctionnement même de la collectivité. Le maire affirme avoir découvert une administration marquée par un fort cloisonnement entre services, une faible transversalité et un sentiment de manque de reconnaissance chez certains agents. Il dit avoir été frappé par le nombre de personnels qui lui auraient confié ne jamais avoir été directement salués ou considérés par les élus précédents.
« Il y avait un nombre d'invisibles phénoménal dans cette mairie », avance-t-il. Pour lui, ce climat aurait pesé sur la capacité de l'institution à fonctionner efficacement. Le nouveau maire raconte avoir vu ses propres collaborateurs réorganiser physiquement leurs bureaux pour travailler ensemble, image qu'il utilise comme symbole d'un changement de méthode : moins de verticalité, davantage de circulation de l'information et une présence plus directe des élus auprès des services.
Olivier Galzi décrit également des situations internes qu'il juge anormales : absences injustifiées peu ou pas sanctionnées, agents protégés par d'anciens élus selon lui, ou encore personnel toujours comptabilisé alors qu'il ne serait plus en mesure d'exercer sa mission. Ces éléments, très sensibles, sont présentés par le maire comme les symptômes d'une organisation qu'il estime fragilisée par des années de gestion politique inadaptée.
« On pousse une porte, on ouvre un dossier, et on n'a que des histoires comme ça », résume-t-il. Le maire parle d'un « rapport d'étonnement », avant de corriger lui-même : « plutôt un rapport d'énervement, pour ne pas dire d'écœurement ». Une formule forte, qui donne le ton de ce premier mois : Olivier Galzi veut installer l'idée d'un audit général, non seulement financier, mais aussi administratif et culturel, au sens du fonctionnement interne de la ville.
Propreté : “réveiller la belle endormie”
La propreté constitue l'un des premiers terrains sur lesquels la nouvelle majorité veut être jugée. Durant la campagne, Olivier Galzi en avait fait l'un de ses marqueurs. Depuis son arrivée, l'exécutif affirme avoir engagé une remise en mouvement rapide des équipes.
Michel Adam, adjoint à la propreté, au cadre de vie, aux espaces verts et au garage municipal, estime que la ville disposait déjà d'une partie des moyens nécessaires. Selon lui, ce qui manquait relevait surtout du pilotage. « Il fallait réveiller la belle endormie. Les moyens étaient là, il manquait simplement une volonté politique », explique-t-il.
L'adjoint insiste sur la réaction des agents après les premières réunions de terrain. « La volonté politique, elle est là. Les agents y sont. Le matériel est présent. Il restait plus qu'à mettre tout ça en musique. » Une réorganisation des services est annoncée, notamment dans les tournées, mais devra être soumise aux représentants du personnel.
Dans l'immédiat, plusieurs mesures opérationnelles sont mises en avant. Une équipe d'intervention rapide doit être déployée cinq jours sur sept, avec quatre à cinq agents capables de répondre rapidement à des problèmes ciblés. Des opérations « quartier propre » doivent également être lancées, avec une première intervention annoncée pour le 27 mai. L'objectif : concentrer plusieurs services sur un même secteur afin de traiter simultanément propreté, petits désordres de voirie, mobilier urbain ou coffrets dégradés.
Le maire souhaite aussi associer les habitants à ces opérations. L'idée est de créer un effet d'entraînement : nettoyer, embellir, puis inciter les riverains à préserver leur quartier. « On espère qu'à l'issue de ça, ils seront tellement contents de ce que ça donnera dans leur quartier qu'ils auront eux-mêmes une volonté d'être plus vigilants », avance-t-il.
Dépôts sauvages, caméras nomades et matériel inutilisé
La lutte contre les dépôts sauvages fait partie des priorités immédiates. Olivier Galzi rappelle que le sujet relève d'une compétence partagée avec le Grand Avignon, ce qui donne selon lui un intérêt particulier à sa double fonction de maire et de président de l'agglomération. Il annonce la commande de caméras nomades destinées à surveiller les points noirs déjà identifiés.
Pour justifier sa méthode, le maire reprend la théorie de la « fenêtre cassée » : un désordre non traité en appelle d'autres. « Les dépôts sauvages, c'est pareil. On enlève et ça revient. Ce qu'on peut faire, c'est enlever et mettre en place les moyens pour que petit à petit on coince ceux qui recommencent. »
Olivier Galzi cite aussi l'exemple des « Glutton », ces aspirateurs urbains destinés à traiter les petits déchets et les déjections canines. La ville en aurait acquis dix, pour un coût d'environ 15 000 euros hors taxes chacun, mais le maire affirme ne jamais les avoir vus fonctionner dans l'espace public. Là encore, il y voit le symbole d'un matériel disponible mais mal exploité. « Ces Glutton vont commencer à tourner », assure-t-il.
Sécurité : renforcer la police municipale et travailler avec l'État
Sur la sécurité, Olivier Galzi dit avoir tenu un discours similaire aux agents de la police municipale : faire leur travail, avec le soutien politique de la mairie. Selon lui, certains policiers municipaux auraient eu le sentiment, par le passé, de ne pas être pleinement encouragés lorsqu'ils agissaient dans leur cœur de mission.
Le maire rappelle une situation qu'il juge insuffisante : la nuit, un seul équipage de police municipale circule actuellement sur l'ensemble d'Avignon. « Ils font un boulot incroyable, mais ils ne peuvent pas faire de miracles », estime-t-il. Le doublement des effectifs de nuit est présenté comme une priorité, sous réserve des marges budgétaires qui seront confirmées par l'audit financier.
Olivier Galzi insiste également sur la relation qu'il affirme avoir nouée avec le préfet. Son premier déjeuner officiel, après son installation, s'est tenu en tête-à-tête avec le représentant de l'État. Le maire a depuis été intégré au comité de pilotage consacré aux épiceries de nuit, permettant, selon lui, un meilleur partage d'informations entre services de l'État et municipalité. Cette coordination a notamment contribué à la prise d'un arrêté sur les épiceries de nuit, avec une extension du zonage concerné.
La nouvelle procureure est également citée comme une interlocutrice importante. Olivier Galzi affirme partager avec elle une même volonté d'agir « dans le respect des libertés de tout citoyen » pour améliorer la sécurité. Le maire a par ailleurs participé à un séminaire au ministère de l'Intérieur, où il a proposé qu'Avignon puisse devenir une ville-test pour certains dispositifs de sécurité.
La sécurité est toutefois pensée dans un sens large. Olivier Galzi parle des « sécurités » : police municipale, prévention, sécurité civile, risque inondation, intervention des pompiers. Il justifie ainsi le choix d'un adjoint à la sécurité issu du monde des sapeurs-pompiers, ancien colonel ayant dirigé la caserne d'Avignon.
Finances : un audit attendu et des premières alertes
Le volet financier est sans doute le plus explosif politiquement. Olivier Galzi annonce un audit financier attendu autour de la mi-juin. En attendant, il livre déjà plusieurs exemples qu'il considère préoccupants.
Le maire évoque des recrutements ou besoins saisonniers insuffisamment budgétés, notamment pour les piscines et les centres de loisirs. Selon lui, la ville aurait prévu 102 saisonniers pour les piscines, mais les crédits disponibles ne correspondraient qu'à 70 postes. Même logique pour les centres de loisirs, avec 60 besoins annoncés pour seulement 40 postes budgétés.
Il cite également la tranche 1 du Rocher des Doms, inaugurée avant les élections, mais qui laisserait selon lui environ 500 000 euros de factures non payées. Plus largement, il affirme découvrir des investissements engagés sans crédits suffisants, des reports de factures de 2025 sur 2026 et des lignes budgétaires absentes sur des opérations pourtant déjà lancées.
« On ne fera pas l'autruche. On n'attendra pas le mur budgétaire », prévient-il. La mise sous tutelle de la ville a été envisagée comme hypothèse, reconnaît-il, mais le maire dit ne pas vouloir emprunter cette voie, estimant qu'elle conduirait à bloquer l'action municipale pendant un ou deux ans. Il préfère assumer lui-même des décisions qu'il annonce « drastiques et importantes ».
Parmi les premières décisions, la mairie a gelé 52 recrutements amorcés depuis janvier. Olivier Galzi dit ne pas vouloir imaginer qu'ils aient pu être liés à des promesses électorales, mais il souligne leur concentration dans les dernières semaines du mandat précédent.
Pas d'augmentation d'impôts annoncée
Face aux difficultés financières, le maire dit ne pas vouloir augmenter la pression fiscale. Il reconnaît que cette position réduit ses marges de manœuvre, mais affirme vouloir chercher d'autres leviers : réduction des dépenses, rationalisation des structures satellites, recherche de mécénat, attractivité économique et retour de nouveaux contributeurs fiscaux.
« La première des recettes, c'est la dépense », résume-t-il, en assumant une logique de fermeture des robinets. Olivier Galzi dit également avoir commencé à solliciter de grands acteurs économiques, notamment autour du mécénat patrimonial.
Le maire évoque aussi son échange avec la ministre de la Culture, ancienne dirigeante du château de Versailles, dont il espère un appui sur la structuration d'une politique de mécénat. L'objectif serait de créer, à terme, un club de mécènes autour du patrimoine, de la culture et du développement territorial.
Mobilité : la LEO comme symbole politique
Le dossier de la Liaison Est-Ouest, serpent de mer avignonnais depuis plusieurs décennies, occupe une place importante dans ce premier bilan. Olivier Galzi affirme avoir obtenu la réouverture politique du dossier après un rendez-vous avec le ministre des Transports, Philippe Tabarot. Il reconnaît toutefois que le processus sera long.
Le maire a réuni les acteurs concernés dans ce qu'il appelle un « pack territorial » : Grand Avignon, Région Sud, Département de Vaucluse, Département des Bouches-du-Rhône, Terre de Provence Agglomération, communes de Rognonas et Châteaurenard, entre autres. Un courrier commun doit être adressé au ministre des Transports, au Premier ministre et au président de la République.
Pour Olivier Galzi, l'enjeu est de montrer que les collectivités locales sont désormais alignées. Selon lui, l'absence de consensus territorial avait longtemps servi d'argument pour ne pas relancer le projet. « Le territoire est désormais uni et soudé pour relancer le projet », affirme-t-il.
Le calendrier reste néanmoins très progressif. Première étape : obtenir le financement d'une nouvelle étude environnementale, rendue nécessaire par l'évolution des normes. Cette étude pourrait durer un an. Il faudra ensuite régler la question de la maîtrise d'ouvrage, puis celle du financement des travaux. Le maire reconnaît que même dans un scénario favorable, voir le chantier aboutir avant la fin du mandat serait déjà un exploit.
« Si on arrive à ça avant la fin du mandat, on aura été les rois du pétrole », lance-t-il, tout en disant sa frustration face à des délais qu'il juge démesurés pour un dossier ouvert depuis plus de quarante ans.
Plan faubourgs : premières modifications dès le 20 mai
Sur la circulation, Olivier Galzi confirme vouloir revenir sur certaines mesures du plan faubourgs, sans promettre une suppression brutale de l'ensemble du dispositif. La méthode se veut progressive. Une première phase doit intervenir dès le 20 mai, avec des modifications ciblées sur les axes jugés les plus problématiques.
Le maire parle d'un principe simple : « impact maximal avec coût minimum ». Il reconnaît que même retirer un sens interdit peut impliquer des frais de marquage au sol ou de voirie. La rue Mono et le secteur Saint-Ruf semblent faire partie des zones prioritaires, régulièrement citées par les habitants comme des points de blocage.
Une deuxième phase plus structurante est envisagée, puis une troisième étape plus globale, après concertation avec les habitants concernés.
Rue de la République : la piétonnisation remise en question
La rue de la République fait également partie des dossiers symboliques. Olivier Galzi dit ne pas avoir compris le projet précédent, évoquant une ligne budgétaire de 20 millions d'euros qu'il juge incompatible avec la situation financière actuelle.
Les bacs à fleurs installés temporairement doivent, selon lui, être retirés en septembre, conformément aux conditions posées par les Architectes des bâtiments de France. Le maire doit rencontrer la nouvelle interlocutrice des ABF afin d'aborder plus largement les enjeux du secteur sauvegardé.
Sur le fond, Olivier Galzi formule une position claire : « Depuis qu'on a piétonnisé cette rue, on l'a tuée. » Il ne détaille pas encore son projet, mais indique que l'avenir de la rue de la République ne passe pas nécessairement, selon lui, par la piétonnisation telle qu'elle existe aujourd'hui.
Musées, patrimoine et culture : “c'est gratuit mais c'est fermé”
Sur la culture, le constat dressé par Olivier Galzi est sévère. Interrogé sur les salles inaccessibles aux Bains Pommer ou sur la fermeture ponctuelle du deuxième étage du musée Calvet, le maire rattache ces difficultés à la situation générale de la ville. Selon lui, Avignon ne parvient pas toujours à ouvrir correctement ses équipements culturels, faute de moyens humains ou d'organisation.
Il cite également le musée du Petit Palais, dont certaines collections ne seraient accessibles que de manière irrégulière. « C'est gratuit mais c'est fermé », résume-t-il, dénonçant une contradiction entre l'affichage politique de la gratuité et la capacité réelle à ouvrir les lieux au public.
La grande exposition estivale initialement prévue au Palais des Papes est compromise. Olivier Galzi explique que les délais incompressibles d'organisation, d'acheminement des œuvres et d'autorisations ne permettent pas de reconstruire facilement un projet d'ampleur après les élections. La nouvelle adjointe à la culture, Violeta Lukic, travaillerait toutefois sur une piste plus légère, moins coûteuse, voire sans coût direct pour la ville.
Le jardin éphémère, installé dans un secteur patrimonial sensible, doit également être démonté selon les autorisations initiales. Olivier Galzi souhaite plaider auprès des ABF pour le maintenir plus longtemps, notamment en raison des fortes chaleurs et de son rôle d'îlot de fraîcheur. Mais il reconnaît que la décision ne dépend pas uniquement de la mairie.
Festival Off : encadrer l'affichage sans pénaliser les compagnies
Le Festival Off et son affichage sauvage ont également été abordés. Olivier Galzi ne souhaite pas supprimer l'identité populaire et visuelle du festival, mais veut mieux encadrer les pratiques. Il estime que l'affichage actuel crée des inégalités entre les compagnies, selon qu'elles disposent ou non des moyens d'imprimer massivement ou de faire poser leurs affiches.
Le maire souhaite travailler avec AF&C et les acteurs du Off pour imaginer des espaces d'affichage plus structurés, plus équitables et moins coûteux à nettoyer pour la ville. Le dossier est confié à Laurent Rochut, adjoint au spectacle vivant, lui-même issu du monde théâtral.
La réflexion s'inscrit aussi dans la révision du règlement local de publicité. Olivier Galzi estime que la ville ne peut pas se priver trop facilement de recettes, tout en devant réduire la pollution visuelle et mieux organiser l'espace public.
Attractivité économique : écoles, ingénieurs et industries culturelles
Au-delà de l'urgence budgétaire, Olivier Galzi veut inscrire Avignon dans une stratégie de long terme. Il cite notamment les difficultés de recrutement rencontrées par de grandes entreprises locales, dont GSE, qui peinent à attirer des profils qualifiés en raison d'un déficit d'attractivité de la ville.
Pour le maire, l'une des réponses passe par la formation. Il dit rêver de voir s'implanter à Avignon de grandes écoles ou formations reconnues, notamment autour de la gare TGV et du secteur Confluence. L'objectif serait de former localement des ingénieurs et diplômés susceptibles de rester sur le territoire.
Les industries culturelles et créatives constituent un autre axe stratégique. Olivier Galzi cite l'animation, le jeu vidéo, la pop culture et les studios déjà présents localement. Après sa présence à un événement organisé à Utopia autour de "La France s'anime", il estime qu'Avignon peut devenir l'un des pôles français importants dans ce domaine, aux côtés de Paris, Angoulême ou Annecy.
« On a les bribes d'un écosystème, les pièces d'un puzzle. Il faut maintenant les rassembler », explique-t-il. Là encore, l'horizon dépasse largement les trente premiers jours : le maire parle d'une stratégie à quinze ou vingt ans.
Un projet médiéval pour renforcer l'identité patrimoniale
Olivier Galzi confirme aussi son souhait de créer un grand rendez-vous médiéval à Avignon. Le projet, évoqué pendant la campagne, pourrait connaître une première forme en 2027. Le maire veut s'appuyer sur les réseaux de passionnés, de bénévoles et de reconstituteurs, à l'image de ce qui a permis le succès des Journées romaines de Nîmes.
Il imagine Avignon comme un futur lieu incontournable pour les passionnés de médiévalité, avec un double objectif : valoriser le patrimoine et créer de l'attractivité touristique en dehors des temps forts traditionnels. Le modèle évoqué n'est pas celui d'un événement uniquement municipal, mais d'un écosystème de bénévoles, associations et partenaires capables de faire grandir progressivement le rendez-vous.
Opposition : main tendue, mais pas obstruction
Interrogé sur la place accordée à l'opposition, Olivier Galzi assume l'usage du fait majoritaire. Il affirme vouloir travailler avec les oppositions lorsque cela permet de faire avancer les dossiers, mais refuse de leur donner, selon ses mots, les moyens d'une obstruction systématique.
Le maire renvoie également ses opposants à leurs propres pratiques passées, rappelant qu'en 2018, certains élus devenus dissidents de la majorité précédente avaient été exclus de commissions. Il reprend à son compte l'idée selon laquelle l'obstruction ne ferait pas avancer la démocratie.
Cette ligne traduit l'équilibre que le maire tente d'installer : se présenter comme transpartisan, ouvert aux sensibilités différentes, tout en assumant une gouvernance ferme. Olivier Galzi revendique son positionnement sans étiquette et estime que son élection à Avignon a envoyé un signal national. Selon lui, un espace politique existe entre les logiques partisanes traditionnelles et les extrêmes.
Une méthode : ouvrir les dossiers, puis arbitrer
Au terme de ce premier mois, Olivier Galzi ne prétend pas avoir réglé les problèmes d'Avignon. Il cherche plutôt à installer un récit politique : celui d'une ville qu'il faudrait remettre en ordre, d'une administration à remobiliser, de finances à sécuriser et de grands projets à relancer.
Cette méthode comporte un risque : en dressant un tableau très sombre de la situation héritée, le maire s'expose à l'accusation de préparer l'opinion à des renoncements futurs. Il rejette cette lecture. « Je ne cherche pas d'excuses, je cherche des solutions », répond-il.
Les prochaines semaines seront donc décisives. Le 20 mai doit marquer les premières modifications visibles du plan faubourgs. Le 27 mai verra le lancement des premières opérations « quartier propre ». Le 28 mai, un rendez-vous avec le préfet de région doit faire avancer le dossier de la LEO. Et la mi-juin devrait apporter un diagnostic financier plus précis.
Pour Olivier Galzi, ces trente premiers jours n'étaient qu'un démarrage. Mais ils donnent déjà la tonalité du mandat : une volonté d'action rapide, un discours très critique sur l'héritage municipal, et l'ambition de replacer Avignon dans une stratégie territoriale plus large, entre Grand Avignon, État, Région, culture, sécurité, patrimoine et attractivité économique.
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