Grand Avignon : une séance d’installation sous le signe du « consensus » et des ambitions territoriales
Le conseil communautaire du Grand Avignon s’est réuni ce mercredi 29 avril 2026 pour structurer sa nouvelle gouvernance. Entre l’élection des commissions thématiques et le renforcement du cabinet présidentiel, l’exécutif affiche une volonté de cohésion entre les communes. En clôture de séance, le dossier brûlant de la Liaison Est-Ouest (LEO) est revenu sur le devant de la scène, présenté comme l’une des priorités du mandat.
La salle du conseil était presque comble ce mercredi pour une séance marathon dédiée à la mise en place technique de l’institution. Sous la présidence d’Olivier Galzi, les élus ont procédé à la désignation de leurs représentants dans plus d’une dizaine d’organismes extérieurs et commissions de contrôle. Si l’ordre du jour semblait administratif, il a révélé les équilibres politiques d'un territoire qui cherche à tourner la page des dissensions passées entre la ville-centre et les communes périphériques.
Un consensus communal qui laisse peu d’espace aux oppositions
La quasi-totalité des délibérations a été adoptée à de larges majorités, souvent supérieures à 90 %. Olivier Galzi a insisté sur l'importance d'un « consensus communal » pour chaque liste présentée. Les commissions stratégiques, telles que la Commission d’Appel d’Offres (CAO) ou la Commission de Délégation de Service Public (CDSP), ont été pourvues par des listes dites « d'union ».
L’opposition, notamment représentée par Mathilde Louvain lors de ces échanges, a tenté de proposer des listes alternatives pour marquer sa « sensibilité politique ». Ces tentatives se sont toutefois heurtées à la solidarité de la majorité, ne récoltant qu’une poignée de voix. « Cette liste est un consensus qui réunit toutes les communes », a rappelé le président pour expliquer le choix de listes d’union ne laissant pas de siège titulaire à certaines figures d’opposition.
Logement social et aménagement : des débats de fond
Le ton est monté lors de la désignation des représentants au sein des organismes liés à l'habitat. Rémi Blanc a interpellé l'assemblée sur le choix de confier ces enjeux à des élus dont les communes ne respectent pas toujours les quotas de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain). En réponse, Pascale Bories a défendu une approche pragmatique : « Villeneuve-lès-Avignon n'a pas à rougir. Il y a du rattrapage, il faut laisser le temps. »
Pour Olivier Galzi, ces nominations ne relèvent pas du clocher mais de l'intérêt général. Il a salué l'humilité des élus acceptant des délégations complexes « au service d'une agglomération et non plus de leur seule commune ».
Un cabinet renforcé pour de « grands projets »
Le conseil a également validé la création d'un quatrième poste de collaborateur au sein du cabinet de la présidence. Face aux critiques sur le coût de fonctionnement, l’exécutif assume : « Il y a des sujets structurants qui méritent un pilotage politique, notamment l'aménagement », a précisé le président.
Par ailleurs, les indemnités des élus ont été maintenues à l'identique par rapport au mandat précédent, tandis que les frais de représentation du président ont été plafonnés à 8 000 euros par an, une mesure de transparence réclamée par la chambre régionale des comptes.
Le « Pack territorial » pour relancer la LEO
En clôture de séance, Olivier Galzi a troqué son costume de président de séance pour celui de chef de file territorial. Le dossier de la Liaison Est-Ouest (LEO), longtemps enlisé, revient désormais comme l’un des marqueurs politiques du début de mandat.
Cette dynamique a été confirmée par Terre de Provence Agglomération, qui a annoncé sur ses réseaux sociaux la création d’un « Pack territorial pour la réalisation de la LEO ». Autour d’Olivier Galzi se sont réunis des représentants de la Région Sud, des départements du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, ainsi que des agglomérations et communes concernées par le tracé.
L’objectif est clair : afficher une cohésion interterritoriale et interdépartementale afin de rendre crédible la demande de réouverture du dossier auprès du ministre des Transports, Philippe Tabarot. « Les élus des Bouches-du-Rhône, du Gard et du Vaucluse ont enfin la volonté de travailler ensemble », souligne Terre de Provence Agglomération, qui insiste sur la nécessité d’une demande commune pour répondre aux problématiques de mobilité du bassin de vie.
Pour les élus de Terre de Provence, ce rapprochement marque aussi un changement de climat politique. Corinne Chabaud, présidente de l’agglomération, Marcel Martel, maire de Châteaurenard, Yves Picarda, maire de Rognonas, et Marie-Pierre Callet, vice-présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône déléguée aux routes, se sont félicités d’avoir trouvé des interlocuteurs vauclusiens ouverts à une concertation constructive. Le dossier LEO apparaît ainsi comme l’un des symboles d’un retour du dialogue entre territoires longtemps divisés sur les grands enjeux de mobilité.
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !