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Au cœur d'Adeo : quand sauver un animal nous rend plus humains

Mathilde Pallon · 21 Avril 2026 à 12h08

Depuis sa création en 2001, l’association vauclusienne Adeo Animalis a développé un écosystème d’entraide original pour pallier l'absence de subventions publiques. Fondée par Ginette, une ancienne bénévole engagée, la structure s'appuie sur une boutique solidaire de 800 m2 située rue Alexandre Blanc. Entre recyclage de dons matériels, soins vétérinaires pour les plus démunis et gestion de la prolifération féline, l'organisation traite aujourd'hui près de 20 demandes d'aide quotidiennes. Portrait d'une structure qui place la solidarité humaine au cœur de la cause animale.

Co-fondatrice, rédactrice et photographe
Mon œil de photographe capture ce que ma plume de journaliste raconte. Passionnée d'art et de culture, je traduis ma curiosité en récits, visuels ou écrits. Mon objectif : offrir un regard neuf sur mes sujets et partager le plaisir de la découverte d'une manière qui vous captive.

L'aventure a débuté par un constat de terrain : l'impuissance des propriétaires d'animaux sans ressources face aux frais vétérinaires. « J'ai réalisé que si l'on n'a pas d'argent, l'animal n'est pas soigné. C’est la douche froide qui a tout déclenché », se remémore Ginette, fondatrice d’Adeo. Vingt-cinq ans plus tard, l'association s'est imposée comme un acteur majeur de la vie sociale avignonnaise, comptant plus de 1 100 membres et fonctionnant en totale autonomie financière.

Un modèle économique fondé sur le recyclage solidaire

Le pivot de l'association repose sur sa boutique solidaire, un espace de 800 m2 qui traite annuellement environ 800 tonnes de dons matériels. Ce qui n'était au départ qu'une série de vide-greniers dominicaux est devenu une entreprise de recyclage à grande échelle. Les recettes générées permettent de couvrir l'intégralité des frais de fonctionnement et des soins animaliers.

Ce local remplit une double mission : il offre une solution de consommation à bas prix pour les étudiants, les retraités ou les bénéficiaires du RSA, tout en finançant des interventions vétérinaires. « Le but est d'aider les gens qui viennent acheter à l'association en proposant des articles à deux ou trois euros », explique la responsable. Ce flux financier constant permet de répondre à une demande croissante, l'association traitant désormais une vingtaine de dossiers de prise en charge médicale par jour.

De l'urgence de la rue à l'adoption

L'activité de protection animale stricto sensu s'articule autour d'un réseau de familles d'accueil. Contrairement aux refuges traditionnels, Adeo privilégie le placement temporaire en foyer pour favoriser la reconstruction psychologique de l'animal. L'association prend à sa charge les frais médicaux et alimentaires, tandis que la famille assure le volet affectif.

Chaque année, entre 300 et 400 adoptions sont réalisées. Pour les animaux jugés « non adoptables » en raison de leur âge ou de pathologies chroniques, le dispositif de « panier retraite » ou de famille d’accueil longue durée (FALD) prend le relais. « Un animal trouvé dans la rue est cassé, il faut lui redonner confiance en l’humain », souligne Ginette.

La gestion de la biodiversité urbaine

Au-delà des sauvetages individuels, l'association s'implique dans des problématiques de santé publique et d'urbanisme. À Avignon, Ginette estime la population de chats errants à environ 6 000 individus. Malgré la stérilisation de 3 000 félins via des campagnes dédiées, le rythme de prolifération reste une préoccupation majeure. Pour y répondre, l'association préconise l'installation de cabanes sécurisées afin de faciliter le trappage et le suivi sanitaire.

L'innovation se niche également dans la gestion des populations de pigeons. Adeo a été pionnière dans l'expérimentation du pigeonnier contraceptif, une méthode consistant à remplacer les œufs par des leurres pour stabiliser les colonies sans recourir à l'euthanasie. Ce modèle, testé sur le site de l'association, a depuis inspiré plusieurs communes limitrophes et la municipalité d'Avignon.

Une perspective de lutte globale

Pour Ginette, la protection animale ne peut être dissociée de l'engagement citoyen et de la solidarité humaine. Le bénévolat au sein de la structure sert souvent de vecteur de réinsertion sociale pour des jeunes en difficulté ou des personnes isolées.

L'association porte également ses revendications au niveau national, s'opposant fermement à la corrida et militant pour la fermeture des abattoirs. Pour pérenniser son action, Adeo a récemment mis en place un fonds de dotation, permettant de recueillir des legs et des dons tout en bénéficiant d'exonérations fiscales, garantissant ainsi la poursuite de sa mission sans dépendance aux deniers publics.

  • Adresse : 49 rue Alexandre Blanc, 84000 Avignon.
  • Horaires Boutique : Du mardi au samedi de 10h à 19h (fermé le dimanche et le lundi matin).
  • Dépôt de dons : Du mardi au samedi, de 10h à 14h.
  • Site web : https://www.adeoanimalis.org/
  • Facebook : Association Adeo Animalis
Article de : Mathilde Pallon
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