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Jules Coquerelle : « Travailler avec les chevaux est une leçon de vie quotidienne »

17 Janvier 2026 à 17h02

Maëlys Betta - Correspondante du domaine équin

Maman, entrepreneuse et passionnée de chevaux depuis l’enfance. Engagée dans le monde équestre, elle partage son expérience et son regard sur la relation entre l’homme et le cheval. Propriétaire de plusieurs chevaux, elle transmet sa passion et ses connaissances à travers ses reportages et rencontres.

À 21 ans, l’artiste équestre Jules Coquerelle a marqué le Marché international du spectacle équestre de création (MISEC) lors de la cette édition 2026. Présentant « Aéris », une œuvre hybride en cours d’élaboration, le jeune cavalier bouscule les codes traditionnels en associant le travail en liberté à l’acrobatie aérienne. Entre la rigueur d’un parcours académique en communication et l’exigence du plateau, cet artiste émergent mise sur une relation de confiance de longue date avec ses montures pour s’imposer sur les scènes nationales.

Jules Coquerelle : L’envol d'un artiste entre ciel et terre

Originaire du milieu amateur, Jules Coquerelle a débuté sa formation au centre équestre Chant'équi, où il a progressivement développé une appétence pour la scène. Malgré une vocation précoce pour le spectacle, le jeune homme a fait le choix de la prudence académique avant de se lancer pleinement dans sa carrière d'artiste. Titulaire d’une licence en communication, il considère ce diplôme comme une sécurité nécessaire dans un secteur dont il reconnaît la complexité économique et physique.

Aujourd'hui engagé à plein temps dans la création équestre, il ne perçoit plus son activité comme une contrainte, mais comme un prolongement de son mode de vie. « Quand je suis avec les chevaux, je n’ai pas l’impression de travailler », confie Jules Coquerelle. Cette transition vers le professionnalisme s'est accompagnée d'une intensification de ses apparitions sur les pistes, dont le point d'orgue récent fut son passage au MISEC.

« Aéris » : l’expérimentation au service de la création

Au Parc des Expositions d'Avignon, il a fait le choix de l’audace en présentant « Aéris », un numéro inédit mêlant liberté et travail aérien. Le projet, dont les premières réflexions datent de septembre dernier, a nécessité une phase de travail technique intense débutée en octobre. L’originalité de la proposition réside dans le changement de repères imposé à l’animal : le cavalier n’agit plus depuis le sol ou le dos du cheval, mais depuis les airs.

« C’est un numéro où le cheval perd tous ses repères puisque je suis en l’air. On a dû reconstruire ensemble pas mal de choses », explique l’artiste. Pour lui, le passage au MISEC n’est pas une finalité mais une étape de travail. L’objectif affiché est de soumettre cette structure expérimentale aux retours des professionnels du secteur pour en affiner la dimension visuelle et technique avant une version définitive.

La confiance, fondement de la performance

Au-delà de la prouesse acrobatique, il fonde son identité artistique sur la mise en valeur du bien-être équestre. Son approche privilégie l’aisance du cheval sur scène, acceptant les imprévus comme des témoignages de la décontraction de l'animal. Cette philosophie repose sur une implication quotidienne dans les soins élémentaires : l'artiste assure lui-même l'entretien et l'alimentation de ses chevaux, qu'il héberge à son domicile.

La monture présentée lors du MISEC illustre cette continuité relationnelle. Jules travaille avec ce cheval depuis qu’il est poulain. « On se connaît par cœur. S’il reste avec moi en liberté, c’est qu'il me fait confiance car le cheval est un animal fuyant par nature », souligne-t-il. Cette complicité est, selon lui, la clé pour faire accepter aux animaux les contraintes sonores et lumineuses inhérentes aux salles de spectacle.

Perspectives et développement de carrière

L’après-Cheval Passion s’annonce dense pour le jeune artiste. Dès la mi-février, il rejoindra le Haras national du Pin pour une série de représentations jusqu’en mars, avant une saison estivale prévue au château de Pompadour. En parallèle de ses engagements scéniques, il poursuit la formation d’une nouvelle recrue, un cheval de quatre ans, destiné à intégrer ses futures créations.

Cette trajectoire montante n'occulte pas une certaine humilité technique. « La plus grande leçon dans ce milieu, c’est le fait de se remettre en question », conclut-il, rappelant que la collaboration avec l'animal impose une adaptabilité constante face aux difficultés imprévues.

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Article de : Maëlys Betta
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