Articles Patrimoine et Histoire Portraits Interviews Univers du Cheval Actu Live

Accueil > Univers du cheval > Christophe Monier : « Je ne veux pas de chevaux robotisés »

Christophe Monier : « Je ne veux pas de chevaux robotisés »

17 Janvier 2026 à 16h50

Maëlys Betta - Correspondante du domaine équin

Maman, entrepreneuse et passionnée de chevaux depuis l’enfance. Engagée dans le monde équestre, elle partage son expérience et son regard sur la relation entre l’homme et le cheval. Propriétaire de plusieurs chevaux, elle transmet sa passion et ses connaissances à travers ses reportages et rencontres.

Le Marché international du spectacle équestre de création (MISEC) 2026 a mis en lumière des talents locaux, dont Christophe Monier. Originaire de L’Isle-sur-la-Sorgue, le cavalier présentait « God Save The Horse », une création mêlant dressage et registre comique. Ancien cavalier de dressage classique, l'homme a opéré un tournant artistique majeur à la faveur de la crise sanitaire. Entre exigence technique et bien-être animal, son approche repose sur une complicité fusionnelle avec ses montures, marquant une étape clé dans son parcours au Parc des Expositions d'Avignon.

Christophe Monier : De la rigueur du dressage à la magie de la création équestre

Installé à L’Isle-sur-la-Sorgue, à seulement vingt minutes du site de Cheval Passion, Christophe Monier dirige l’écurie « Horse & Fit ». Rien, pourtant, ne le prédestinait initialement aux pistes de spectacle. Cavalier de dressage traditionnel et gérant de pensions, c’est lors de la pandémie de 2020 que sa trajectoire bifurque.

Face à l’arrêt des activités équestres classiques durant le confinement, il s’intéresse de plus près à l’une de ses montures, Shanna. « Au tout début, elle me servait à faire monter des enfants. Mais pendant le confinement, plus personne ne venait. J’ai commencé par les longues rênes, puis on a créé ce lien en jouant à faire de la liberté », explique Christophe Monier. Ce travail de proximité débouche sur un premier numéro présenté aux Saintes-Maries-de-la-Mer, marquant son entrée définitive dans le monde du spectacle.

« God Save The Horse » : l’audace du registre comique

Pour cette édition 2026 du MISEC, Christophe Monier a choisi d’explorer un registre inédit pour lui : le comique. Son nouveau spectacle, intitulé « God Save The Horse », s’éloigne des codes du dressage académique pour privilégier l’effet de surprise et l'humour "so british" notamment avec une mise en scène singulière.

Cette évolution vers le spectacle équestre ne s'improvise pas. Le cavalier collabore désormais avec des professionnels des arts de la scène pour affiner sa gestuelle et la structure de ses numéros. « Je travaille avec une professeure de théâtre et une professeure de danse pour aller chercher le petit détail », confie-t-il. Cette rigueur permet d'intégrer des éléments techniques complexes tout en conservant une fluidité visuelle.

Les défis techniques du MISEC

Participer au Marché international du spectacle équestre de création représente un enjeu de taille pour les artistes. Véritable vitrine professionnelle devant des organisateurs de spectacles du monde entier, le MISEC impose une logistique millimétrée.

« C’est un challenge personnel et une grande bouffée de stress, car nous sommes devant de gros organisateurs », admet le vauclusien. Sur place, le temps de préparation est réduit au strict minimum : trente minutes seulement pour caler les lumières, le son et les décors, tout en veillant à la détente des chevaux. Pour Christophe Monier l'objectif est avant tout la pérennité de son travail sur cette scène internationale.

Une philosophie fondée sur le refus de la robotisation

Malgré les contraintes de la scène, le cavalier maintient une éthique stricte concernant le traitement de ses chevaux. Il travaille principalement avec des juments, dont il apprécie le caractère, et refuse toute forme de dressage mécanique. L'objectif est de préserver une forme de liberté de mouvement pour l'animal, même sous les projecteurs.

« Je ne veux pas de chevaux qui soient robotisés », affirme-t-il, soulignant l'importance d'une connexion émotionnelle plutôt que d'une simple exécution de consignes. « C’est une question de complicité, de jeu et d’heures d’attente. »

Après le succès de ses passages à Avignon, Christophe Monier se projette vers la saison estivale. Avec des premières dates prévues pour juillet 2026, il entend faire évoluer son numéro comique, affirmant ainsi sa place singulière dans le paysage équestre.

Vous avez une question ? Cliquez-ici !
Article de : Maëlys Betta
Commentaires
Connectez-vous pour laisser un commentaire.

Aucun commentaire pour le moment.

Avignon et moi > Categorie : Cheval Passion > Article : Christophe Monier : « Je ne veux pas de chevaux robotisés »