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Critique

Rentrée 42 - Festival off - notre critique

Mathilde Pallon · 17 Juillet 2023 à 18h39 · Mis à jour le 18 Juin 2024 à 1h14
Co-fondatrice, rédactrice et photographe
Mon œil de photographe capture ce que ma plume de journaliste raconte. Passionnée d'art et de culture, je traduis ma curiosité en récits, visuels ou écrits. Mon objectif : offrir un regard neuf sur mes sujets et partager le plaisir de la découverte d'une manière qui vous captive.
Rentrée 42 - Festival off - notre critique
Titre de la pièce : "Rentrée 42" (bienvenue les enfants)

Lieu : Théâtre de la Luna

Horaires : Tous les jours à 16h50

Jours de relâche : les 12, 19 et 26 juillet

Auteurs : Pierre Olivier Scotto et Xavier Lemaire

Comédiens : Anne Richard, Isabelle Andréani, Emilie Chevrillon, Fanny Lucet, Dominique Thomas, Michel Laliberté

Metteur en scène : Xavier Lemaire

Et si nous abordions le sujet de la seconde guerre mondiale sous un angle différent, voire original ? "Rentrée 42" (bienvenue les enfants) met en avant ce sujet avec le point de vue des enseignants. Cette pièce est jouée au théâtre de la Luna tous les jours à 16h50 sauf les 12. 19 et 26 juillet. Écrite par Pierre Olivier Scotto et Xavier Lemaire, également metteur en scène, cette pièce aborde la rentrée scolaire en 1942, lorsque Paris est sous occupation allemande et que pro Pétain et ceux qui s'en méfient et sont mis en confrontation.

Nous sommes la veille de la rentrée scolaire le jeudi 1er octobre 1942, la directrice reçoit ses enseignantes à l'école publique pour filles Victor Hugo, dans le 11e arrondissement de Paris. Le lendemain, à l'ouverture des portes, seuls 17 élèves sur 123 se présentent. Situation inédite depuis Jules Ferry. La directrice envoie le fidèle concierge Bastien se renseigner auprès des autres écoles du quartier pour faire un point sur la situation mais hélas, même constat. Une question évidente se pose : où sont donc passés les enfants ?

On appelle le rectorat afin de savoir quelle solution apporter ? Que faire des quelques filles présentes mais au niveau scolaire différent ? Voilà que le rectorat a prévu de fermer l'école Victor Hugo afin de rassembler le peu d'élèves présents dans une seule et même école.

Dans cette pièce prenante et captivante nous sommes taraudés par cette question : où sont passés les enfants ? Plusieurs hypothèses sont apportées et il y a des maîtresses dubitatives, d'autres méfiantes et d'autres inquiètes quant à leur avenir professionnel. Deux visions s'affrontent ici : ceux qui sont dans le camp de Pétain et revendiquent la devise "travail, famille, patrie", et ceux qui résistent : "face à la barbarie il faut faire preuve de civilité". Ce sont diverses visions de la France qui se heurtent et font polémiques, suscitent des débats. Les enseignantes incarnent ces idées et se disputent au sujet de l'absence de ces enfants et de leur vocation professionnelle : "en continuant à enseigner on continue de résister".

La cruauté et l'atrocité de la situation sont en toile de fond car le public se doute bien de ce qui a pu arriver aux enfants, surtout après la rafle du Vel d'Hiv qui a eu lieu au mois de juillet. On se doute que les enfants absents sont juifs et que ce n'est pas étonnant que seules les "Sarah", "Rachel",... manquent à l'appel car "le juif n'a aucune goutte de sang français". Ici on replonge dans la grande et triste Histoire à travers des histoires, des vies, des visions différentes. On replonge dans la Shoah qui n'est pas évoquée délibérément mais grandement suggérée, imaginée. On compte sur la culture du public pour pouvoir comprendre les scènes auxquelles on assiste et qui peuvent nous révulser voire nous faire rire.

Les artistes sur scène maîtrisent leur rôle à la perfection puisque l'on a pu en voir certains à l'affiche de certains films et où séries télévisées. Ils sont à l'aise dans le jeu de la comédie dramatique, il y a des scènes d'humour, des scènes de solidarité, des scènes de courage, des scènes de désillusions, etc. Le public composé de petits et grands comprendra le sujet abordé, intéressant et quasi inédit car on a rarement eu le point de vue des instituteurs pendant cette triste période. Le pièce est riche en rebondissements et retournements de situation surtout la fin qui est imprévisible ! Pour ceux qui aiment l'histoire, la défense de ses convictions, le métier d'enseignant, les valeurs humaines, ceux qui aiment quand le théâtre est utilisé pour défendre le devoir de mémoire…à voir absolument !

Article de : Mathilde Pallon
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