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Pompon, Pompon de Pascal Parisot : notre avis

26 Février 2026 à 10h53

Par : Thierry

Pompon, Pompon est un spectacle musical et poétique d’une grande finesse, qui entraîne petits et grands dans une aventure nocturne au cœur du musée. Porté par l’univers délicat et fantaisiste de Pascal Parisot, et par l’interprétation irrésistible de Lydie Alberto et Fran Espinosa, il fait dialoguer tableaux et sculptures avec humour, sensibilité et une joyeuse touche de folie. Une invitation lumineuse à développer l’imaginaire des enfants et à leur donner, avec émerveillement, le goût des musées.

Pompon, Pompon Pompon devrait être heureux. Installé au cœur du musée, admiré par les visiteurs, il incarne la force tranquille et la majesté de l’ours blanc. Pourtant, quelque chose lui manque. Quelque chose d’essentiel. Pour un ours blanc, il n’est de bonheur possible sans banquise.

Le plus étrange, c’est qu’il ne l’a jamais connue. Il n’a jamais senti la glace craquer sous ses pattes, ni contemplé l’immensité blanche. Mais au fond de lui, il sait : il lui manque cette « glace divine », cet horizon de froid et de lumière.

Lorsque le musée s’endort, une autre histoire commence. Dans le silence des galeries désertes, Pompon s’anime. Aidé par une complice inattendue, La Petite Danseuse de 14 ans d’Edgar Degas, il part mener l’enquête.

Quelqu’un a-t-il déjà entendu parler de la banquise ?
Sait-on où elle se trouve ?
À quoi ressemble-t-elle ?

Pompon interroge ses voisins et amis. Les monstres de Léopold Chauveau, Marfou, Grapus et Pernimasse, imaginent des hypothèses fantasques. Le Bouddha d’Odilon Redon médite sur l’infini blanc. La Sorcière au Chat Noir de Paul Ranson évoque des terres mystérieuses. Le Chevalier aux fleurs de Georges Rochegrosse se dit prêt à partir en expédition. Schneelandschaft de Cuno Amiet offre un paysage enneigé porteur d’espoir. Même un gardien assoupi semble, dans ses rêves, détenir une part du secret.

Le spectacle est remarquablement exécuté et porté par une très grande qualité d’interprétation.

Pascal Parisot signe le chant, les paroles et la composition avec son talent singulier : une écriture fine, musicale, inventive, où l’humour côtoie la poésie avec naturel. Sa patte artistique donne au récit rythme, profondeur et fantaisie.

À ses côtés, Lydie Alberto et Fran Espinosa (danse, chant, comédie) sont tout simplement irrésistibles. Drôles, touchants, d’une grande générosité scénique, ils insufflent aux œuvres une énergie vibrante. Leur jeu mêle précision, expressivité corporelle et cette touche de folie maîtrisée qui fait toute la saveur du spectacle. Ils parviennent à faire parler les tableaux et les sculptures avec justesse, sans jamais trahir leur esprit.

Chaque œuvre conserve son identité artistique tout en entrant avec finesse dans la narration. Les siècles dialoguent, les cadres s’animent, les socles deviennent des scènes. Le musée se transforme en espace vivant, complice et poétique.

Au-delà de l’histoire de Pompon, ce projet accomplit quelque chose de précieux : il donne aux enfants l’envie d’aller au musée. Il développe leur imaginaire, aiguise leur regard, les invite à inventer, à écouter, à faire parler à leur tour les œuvres. Le musée n’est plus un lieu figé : il devient un terrain d’aventure, un territoire de rêve et de découverte.

À l’aube, lorsque la lumière revient et que Pompon retrouve son immobilité, le spectateur, lui, ne regarde plus jamais les œuvres de la même manière.

Photo © Elizabeth Polénor

Jusqu’au 22 mars au Théâtre Saint-Georges (Paris).

Par : Thierry

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