Seule en scène au Théâtre du Marais, Audrey Perrin livre une véritable tribune. À cinquante ans, la comédienne brise les omertas systémiques : sexualité des quinquagénaires, mutations anatomiques et ménopause s’invitent au plateau sans fard ni compromis.
Volubile et énergique, elle dynamite les clichés liés à l’âge. L’invisibilisation sociale et l’extinction supposée du désir après la cinquantaine volent ici en éclats. Face au public, Audrey Perrin revendique un point de bascule salvateur : l’instant précis où l’obligation de plaire ou de rassurer cède la place à une affirmation de soi sans concession.
Je ne simule plus navigue avec justesse entre dérision mordante et vérité brute. Loin de traiter la ménopause comme un déclin biologique, l’écriture la métamorphose en une renaissance, dédramatisant les examens médicaux et les bouleversements physiques par le prisme d’un humour décomplexé.
Le spectacle pointe également du doigt les failles persistantes de l’éducation à la sexualité féminine. Derrière l’ironie de la partition, le constat reste lucide : il devient urgent de s’affranchir des grilles de lecture exclusivement masculines pour réapprendre le corps des femmes.
En célébrant la pluralité de silhouettes réelles et vivantes, le texte s’attaque aux standards esthétiques dictés par les représentations imposées. Les marques du temps n’y sont plus subies comme des outrages, mais brandies comme les preuves d’une existence intensément vécue.
Ce seule-en-scène s’impose finalement comme le manifeste d’une femme affranchie du regard d’autrui. Une célébration joyeuse et politique de la liberté d’être soi, à découvrir chaque mercredi à 19h30.
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