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Critique Théâtre
Neige Soseki de Compagnie Dare D'Art : notre avis
Les spectacles à ne pas manquer
Quand on voit l’appellation de “Neige Soseki” on lit “conte marionnettique et circassien”. Moi je rajouterai que c’est surtout un petit spectacle plein de poésie, de rêve et d’émerveillement, accessible pour tous les publics. Sur la scène, Xavier Martin anime différentes marionnettes uniques en leur genre, donnant ainsi vie à un joli conte initiatique Japonais, se déroulant sous l’ère Meiji. On en ressort le sourire aux lèvres et l’impression d’avoir rêvé éveillé.
Co-fondatrice, rédactrice et photographe
Mon œil de photographe capture ce que ma plume de journaliste raconte. Passionnée d'art et de culture, je traduis ma curiosité en récits, visuels ou écrits.
Dans une région du nord du Japon, au XIXe siècle, un jeune garçon de 17 ans, nommé Yoko, se passionne pour les haïkus et la neige. Selon le Dictionnaire de l’Académie française, le haïku est un « poème de trois vers de cinq, sept et cinq syllabes, évoquant de manière allusive un incident, un spectacle naturel, un état d’âme, mis en rapport direct ou indirect avec une des quatre saisons ». Yoko est tellement passionné qu’il décide de devenir poète de la neige, ce que ses parents ne voient pas d’un très bon œil. Pour lui, « la neige est un poème qui tombe des nuages en flocons blancs ». Afin de s’améliorer, le maître poète de la cour lui recommande d’aller voir un grand peintre du nom de Soseki, dans le sud du Japon, afin de comprendre les couleurs. Dès lors, armé de ses deux passions inséparables, il entame son aventure pour se perfectionner.
Les marionnettes utilisées dans la pièce sont originales et touchantes. Yoko est un bouton de porte coiffé de fils noirs, sa maman une vieille théière en métal gris, le vieux maître Soseki un métronome qui bat la mesure seulement lorsqu’il prend la parole… D’ailleurs, Yoko va découvrir que le maître est aveugle ! Comment peut-il lui enseigner les couleurs ? Il lui apprend alors à voir autrement, ce qui m’a fait penser au renard, dans Le Petit Prince de Saint-Exupéry, lorsqu’il dit : « on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». Une leçon de sagesse, en somme, car Yoko apprend bien plus que prévu : le silence, l’espace et le temps. Pour donner vie à ces personnages, Xavier Martin change l’intonation de sa voix, manipule les éléments de décor, fait du funambulisme armé d’éventails colorés, joue de la flûte arménienne… Il fait presque tout !
Dans cette histoire, la neige n’est pas vraiment un personnage, mais une présence discrète, presque suspendue. Lorsqu’elle apparaît autour de Yoko, elle semble ouvrir cette « limpide passerelle du silence et de la beauté » évoquée dans la pièce. Une image délicate, à l’image du spectacle tout entier, qui avance sans bruit mais laisse derrière lui une trace lumineuse. Et si l’on devait retenir une dernière phrase, ce serait peut-être celle de Xavier Martin : « l’amour et l’art sont les seuls terreaux fertiles de l’humanité ». Difficile de mieux résumer ce petit conte plein de poésie, de rêve et d’émerveillement.
Neige Soseki
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