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Les spectacles à ne pas manquer
« Dans cette histoire tout est vrai et ce, de manière impudique, car la honte doit sauter. » Un appel à la réflexion sur les violences sexistes et sexuelles à retrouver jusqu’au 23 juillet au Théâtre du Train Bleu. Une sorte d’écriture merveilleuse nous emporte alors même que le sujet est d’une douleur insupportable, autant sur l’aspect personnel — le public accompagnant Roxane à travers ses émois — que sur la gestion politique à laquelle nous faisons face dans cette histoire. Ce qui m’a le plus frappé dans cette pièce, c’est justement son écriture, portée par l’incarnation si juste des trois comédiennes. La pièce nous prend à tous les étages des émotions : on traverse de la légèreté poétique, du brouillard, du désespoir, une colère fugace et quelques brins de douceur tendre. On nous emmène de telle sorte à nous faire vivre la colère vivement, mais aussi le désespoir. On suit le chemin de Roxane une fois les démarches judiciaires entamées : le passage au commissariat devant un policier, puis devant le juge, et les questions absurdes qui lui sont posées. La démarche punitive y est présentée comme l’unique solution ; en parallèle, on constate que la justice n’est pas à la hauteur de ce vécu. Politiquement, le sujet est abordé d’une manière très intéressante. On se balade à travers les réponses politiques qu’on souhaite apporter à la victime surtout, mais aussi à l’auteur des violences, et à travers les questions d’efficacité politique. On aurait pu pousser encore davantage sur les questions anticarcérales, mais le vécu de Roxane porte suffisamment le constat d’un abandon judiciaire face à la violence sexuelle.
Les personnages se font face à plusieurs moments clés de la pièce, à l’image des émotions qui traversent Roxane. Elle décrit son viol, portée par l’intimité de sa relation avec Joy et Kenza. Le mot « viol » teinte ses discussions comme pour faire résonner sa portée, se l’approprier et parfois le rendre moins dur à digérer à force de le prononcer. Elle fait face à sa colère, laisse le désespoir prendre la place de sa tristesse, mais s’autorise aussi à vivre la joie en compagnie de ses amies de voyage. On traverse l’espoir et la tendresse profonde entre les personnages, ce qui rend le propos aussi digeste. À l’endroit d’une amie et d’une amante, Joy et Kenza font entrer le « care », une démarche connue des milieux queer, comme une évidence pour permettre à Roxane de s’émanciper de ces expériences douloureuses. Et enfin, la pièce nous questionne à l’endroit même où on penserait faire les bons choix : pour ne pas confondre la violence avec tout le reste, pour citer l’autrice Gaëlle Axelbrun.
Le tout est d’une justesse remarquable. On aborde les différents aspects du patriarcat : l’enfance d’abord, puis le vécu de celles et ceux perçu·es comme femmes. On parle d’identité queer, et sans cesse de passages « entre les eaux ». « J’ai couru vers la mer et je m’y suis baignée » : ces quelques mots résonnent et font état d’un engloutissement et d’un après. Après la violence, il y a toute une vie qui s’effondre et se reconstruit. On comprend par là le parcours de personnes qui passent par le vécu de TDS (travailleur·euse du sexe) et réexplorent leur sexualité par la suite.
Cette pièce fait écho à de nombreuses histoires avant elle. À Avignon, nous avons connu au plus proche le sursaut qu’a provoqué l’affaire Pelicot, et cette pièce sonne comme un réconfort à l’endroit de ce sujet. À retrouver jusqu’au 23 juillet à Avignon, au Théâtre du Train Bleu.
Requin Velours
SORRY MOM
« Une quête de réparation après un viol, portée par trois jeunes femmes dans un ring de boxe. »
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