Avignon · Conservatoire du Grand Avignon
L’ouverture avec la cantate « Lungi da me, pensier tiranno » révèle d’emblée la maîtrise du jeune compositeur à traduire le contraste entre trouble intérieur et rationalité. Cette exploration psychologique se poursuit dans les airs issus de chefs-d’œuvre lyriques tels qu’Ariodante, Giulio Cesare et Rinaldo, dont les protagonistes incarnent le héros baroque suspendu entre vertu et passion, s’exprimant à travers des écritures vocales virtuoses au fort impact dramatique. À côté de la célèbre pureté mélodique de « Lascia la spina », le programme intègre la dimension instrumentale des Suites HWV 427, 432 et 437 : ici, des danses stylisées comme la Sarabande et la Passacaille revêtent une densité rhétorique presque philosophique, offrant des moments de méditation suspendue. Le parcours ondule ainsi entre théâtralité et introspection, pour culminer dans la vigueur d’œuvres telles que Tolomeo et Tamerlano, témoignages de l’extraordinaire modernité et de la magnifique solennité sonore du « Caro Sassone ».
Plongée dans l’univers baroque de Händel, ce programme mêle airs lyriques d’une virtuosité dramatique et danses instrumentales méditatives. On passe de l’intensité théâtrale aux instants suspendus, pour une écoute à la fois émotive et réfléchie.