🔦 En lumière
Critique Théâtre
50 ans, présente ! de Compagnie MastoCK : notre avis
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Agatha Christie donna à l’un de ses romans le titre "mourir n’est pas une fin". Avec "50, ans, Présente !", Carine Kermin rappelle qu’avoir 50 ans ne l’est pas non plus : c’est peut-être le début d’une autre manière d’habiter sa vie, son corps et son histoire. Elle s’empare de la scène du Théâtre Golovine en alternant danse et théâtre, un mariage élégamment assumé qui donne à la pièce toute sa singularité. Dans la lumière, la danseuse impressionne par son énergie et son engagement physique ; dans les mots, la comédienne partage ce passage parfois trouble, intime et contradictoire : avoir 50 ans n’est pas toujours facile à vivre.
Co-fondatrice, rédactrice et photographe
Mon œil de photographe capture ce que ma plume de journaliste raconte. Passionnée d'art et de culture, je traduis ma curiosité en récits, visuels ou écrits.
Quelle chouette entrée en matière que cette vidéo de sensibilisation au dépistage colorectal, diffusée sur la toile de fond ! Dans la salle, le public se tord de rire. Eh oui, 50 ans est un cap à passer autant pour le mental que pour le corps : vaccins, dépistages, habitudes alimentaires à surveiller, forme à entretenir… Comme si l’on se mettait soudain à vivre sous « surveillance médicale ». Mais que nenni ! Carine Kermin nous prouve, par les mouvements de tout son corps, que tout reste possible, ou presque. Nous la regardons faire plusieurs fois le grand écart, sauter et courir dans tous les sens, sans sembler essoufflée. Et avec des chaussures à talons, s’il vous plaît. Il faut dire que la danseuse affiche une forme olympique, au point de faire oublier l’âge qu’elle vient pourtant célébrer sur scène. Après avoir chanté « Joyeux anniversaire » et soufflé ses bougies, elle dresse un état des lieux de sa situation : sa relation à sa mère, à sa fille, à ses proches, à ses amours. Elle y aborde avec sincérité ses peurs, ses doutes et ses contradictions, aussitôt balayés par quelques pas de danse.
Le spectacle ne résonne d’ailleurs pas de la même manière selon l’âge que l’on a dans la salle. Pour celles et ceux qui ont déjà passé le cap des 50 ans, parfois depuis un moment, les situations évoquées déclenchent des rires francs, comme autant de souvenirs déjà traversés. Pour d’autres, plus jeunes, elles font sourire tout en laissant passer une légère inquiétude : est-ce donc cela qui nous attend ? Derrière l’humour, les bilans médicaux, les relations familiales et les petits vertiges du temps qui passe, quelque chose vient nous toucher plus intimement qu’il n’y paraît.
Cette pièce mi-dansée, mi-jouée apparaît alors comme un joli pied de nez au temps qui passe, même si elle convainc davantage lorsque le corps prend le relais des mots. C’est d’ailleurs dans sa scène finale qu’elle trouve son moment le plus fort. Entre jeux d’ombre et de lumière, l’artiste se place face à une toile blanche tendue sur scène. Son ombre s’y projette, prend vie, se déforme et semble raconter ce que les mots ne parvenaient plus tout à fait à dire. Dans ce final, "50 ans, Présente !" trouve une puissance visuelle et sensible qui emporte tout. Un cri, presque un appel à la vie, qui rappelle qu’il est encore temps de célébrer ce qui nous traverse : danser, se raconter, partager, aimer, être libre. Et qui de mieux que Carine Kermin pour nous le rappeler ? Un spectacle à mi-chemin entre théâtre et danse, où la parole et le corps se répondent pour mieux apprivoiser le temps qui passe. Un moment à vivre et à partager entre générations.
50 ans, présente!
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